Miroir

La peur est ce qui caractérise le coté obscure de ma vie, je n’ai aucun vice qui vient la déranger. Et d’ailleurs, s’il y en a, ils sont résultants de cette peur.

De nature, j’avais toujours le souci du futur. Le passé, je le regrette moins, et je l’assume et peut être je l’intègre facilement. Mais le futur, c’est ce qu’il me consume le plus, c’est ce qu’il me vole mon moment présent, ma vie. J’ai un souci d’amélioration et de perfectionnisme démesuré. Au point que toutes les bonnes actions que je juge devoir faire sont opprimées par cette obsession du choix du bon moment, de la bonne approche, de l’état mentale, physique et émotionnelle optimale. Et si je réussi à passer à l’action, généralement ce n’est qu’en réaction à un évènement exogène à ma motivation.

J’en ai des exemples que je dois développer, afin de toucher vraiment le fond de ce qui se passe en moi. Je prends l’exemple de l’exercice physique. De toute ma vie, et durant mes 43 ans, je n’ai jamais réussi à m’adhérer à un programme ou à une routine d’exercices physiques. Je décroche rapidement, après maximum une dizaine de fois. Pourquoi, par ce que je ne suis presque jamais dans un état physique qui m’aidera à supporter l’effort physique. Et je sais que le background de cette idée est purement un état mental. Les quelques fois ou j’ai réussi à me surpasser et à battre cet état mental, je me suis senti plein d’énergie, plein de vie, et avec un sentiment doux d’accomplissement. Mais malheureusement, la rechute est toujours au rendez-vous. Après ces quelques occasions de lumière, l’obscurité regagne le terrain avec une rationalité implacable : genre courbatures, engagements professionnels, familiales… et toute bonne raison pour reporter le programme quelques minutes pour finir à ne pas le faire.

J’ai envie de jeter la responsabilité sur l’environnement (espace-temps) : mes petits monstres, le tapis pour faire l’exercice n’est pas à sa place, j’ai le ventre plein, je dois répondre à cet appel, je dois checker WhatsApp… Oui quelque part, ce sont vraiment des raisons « raisonnable » pour finir à ne pas faire ce qu’on a à faire. Cette question d’environnement est cruciale d’après un certain James, qui dit qu’il faut prendre toutes les mesures pour adapter à l’avance son environnement à ce qu’on a envie de faire.

Mes états quand je rentre sans faire attention en mode autopilot, me font beaucoup de mal. Dernièrement j’ai vécu une grande partie de ma vie en inconscient, en somnambule. J’ai même réussi à rentrer dans un état de dépression. Pourquoi ? parce que je me suis laissé tomber en chute libre dans l’abime infinie que la peur a créée en moi. La solution je la connais dans mon cas, c’est l’écriture, c’est cracher sur la feuille devant moi, c’est injecter mes abimes internes infinie sur un format A4 à la taille de ma main. Mais… J’oublie toujours, ce réflexe ne m’y pas naturel.

C’est pour ça j’ai choisi d’écrire un blog, pour m’engager envers un lecteur virtuel qui fera mon miroir, et qui sait que je lui sers comme miroir. Et pour ne pas tomber encore une fois dans l’abime infinie du virtuel, j’ai besoin à chaque fois d’imprimer mes articles sur ce blog pour les matérialiser et les contenir dans le monde physique limité. 

 

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